![]() |
MICHEL
MARX Expertises |
| |
Accueil |
Domaines d'intervention
|
L'équipe d'experts |
|
Plan :
Introduction
I - LES
LOYERS DES LOCATIONS NOUVELLES
F Le mécanisme de formation du prix
F Le taux de marge brute
F Le loyer, quote part de la
marge brute de lexploitant
F Une quote part majorée
lors de lacquisition des parts de marché
F Larrivée des enseignes constitue-t-elle une modification des facteurs
locaux de commercialité ?
F La traduction en prix de
marché du loyer accepté par lenseigne
F Le "loyer en capital"
F Décapitaliser le loyer en
capital pour retrouver le prix du marché
II - LA VALEUR LOCATIVE EN
RENOUVELLEMENT
II - LA VALEUR LOCATIVE EN
RENOUVELLEMENT
F Les correctifs des articles
23-3 et 23-2 du décret du 30 septembre 1953
La valeur locative des boutiques doit être recherchée par comparaison avec des locaux équivalents. La difficulté réside dans le prix unitaire à retenir.
Les articles 23-5 et 23-3 alinéa 4 du décret du 30 septembre 1953 fixent les modalités de recherche du prix. Larticle 23-5 impose de retenir les loyers du voisinage, alors que la valeur locative de la partie habitation comprise dans un bail commercial doit, en vertu de larticle 23- 1, être appréciée par comparaison avec les loyers pratiqués dans les locations nouvelles. Les loyers du voisinage se scindent en deux catégories principales : les prix des locations nouvelles issus du marché et les loyers de baux renouvelés hors plafonnement.
Larticle 23-3 alinéa 4 complète le dispositif en prenant en compte les modalités de fixation du loyer dorigine.
I - LES LOYERS DES LOCATIONS NOUVELLES
Le mécanisme de formation du prixAlors quun propriétaire se réfère aux exemples dont il a connaissance sur le marché en les corrigeant à la hausse lorsque le marché est soutenu, à la baisse dans le cas contraire, le preneur a une approche plus économique et ne se réfère au marché que dans un second temps.
Ainsi, un preneur, enseigne nationale ou commerçant indépendant, détermine la surface maximale daire de vente quil pourra aménager dans le local proposé, apprécie le chiffre daffaires rapporté à la surface de vente que son concept va lui permettre de réaliser pour lemplacement proposé, et connaît son taux de marge brute
Le taux de marge bruteLe taux de marge est essentiel dans la détermination du prix. Il est égal au rapport entre la différence du chiffre daffaires et des achats corrigée des variations sur stocks, et le chiffre daffaires.
Ce taux atteint le plus souvent :
- 40% pour les indépendants
- 50 à 60% pour les enseignes nationales
- 70 à 80% pour les enseignes qui fabriquent leur permettant de vendre de gros volumes.
Ces pourcentages expliquent dune part, le remplacement progressif des indépendants par des enseignes nationales, dautre part, la hausse mécanique des loyers, les taux de marge brute élevés des enseignes permettant daffecter des sommes plus importantes au poste loyer.
Le loyer, quote part de la marge brute de lexploitantUn exploitant peut consacrer 20 à 25% de sa marge brute au loyer.
Ainsi, pour un local dune surface de 250m² pouvant être aménagé en 200m² daire de vente, le surplus étant affecté en réserves et sanitaires, lenseigne qui sait réaliser un chiffre daffaires de 50.000 F le m² daire de vente avec une marge à 50% pourra accepter un loyer maximal de 200m² x 50.000 F x 50% x 25% = 1.250.000 F.
Une quote part majorée lors de lacquisition des parts de marchéDans les emplacements exceptionnels, lenseigne peut affecter non pas le quart mais le tiers voire 40% de sa marge brute au poste loyer. Elle alourdit alors son compte de résultats mais sa décision a deux origines : prendre des parts de marché à ses concurrents et accroître sa notoriété.
Ainsi en sinstallant sur la principale artère de la ville, lenseigne espère accroître le chiffre daffaires de ses autres points de vente compensant par là leffort quelle fait en acquérant des parts de marché.
Larrivée des enseignes constitue-t-elle une modification des facteurs locaux de commercialité ?La commercialité est le flux dargent passant devant une boutique.
Lenseigne ou le commerçant indépendant transforme en chiffre daffaires ce flux constitué par des chalands et la quantité dargent que ceux-ci sont prêts à dépenser pour le produit ou le concept qui leur est proposé.
La variation des facteurs locaux de commercialité, cest la perturbation de ce flux.
Il est à peu près impossible de mesurer un flux monétaire ou une variation de ce flux sur une voie commerçante. La mesure ne peut être quindirecte en recherchant les nouvelles constructions habitées par une clientèle plus aisée, laugmentation des prix de cession, la variation de fréquentation des transports publics, des monuments etc...
Mais ce nest certainement pas lacquisition de parts de marché par les enseignes qui entraînent une variation du flux dargent.
Le flux dargent ne peut varier que postérieurement à linstallation de lenseigne, peut-être deux ou trois années plus tard lorsquelle a pu imposer son concept ou ses produits.
La traduction en prix de marché du loyer accepté par lenseignePour sabstraire de la configuration du local, il est dusage de pondérer les superficies des locaux donnés en location. La pondération des surfaces a été codifiée par le Comité dApplication de la Charte de lExpertise.
Les normes sont les suivantes :
- rez de chaussée :
zone dangle 1,25
zone 1 sur les 5 premiers mètres 1
zone 2 sur les 5m suivants 0,75
zone 3 sur 10m 0,50
zone 4 au-delà 0,35
- sous-sol relié 0,25
- 1er étage 0,40
porté à 0,50 dans la bande des 5m de façadeSi les 250m² de la boutique précédente sont pondérés à 150m², lexpert retiendra un prix unitaire de 1.250.000 F : 150m² p. = 8.300 F/m² p. (nr), mais aussi un loyer représentant 1.250.000 F : 200m² daire de vente x 50.000 F/m² = 12,50% du chiffre daffaires.
Ces éléments réducteurs ne sont cependant pas représentatifs du marché parce que, dans un second temps, lenseigne se réfère au marché dont le niveau de prix est inférieur puisque, à lorigine, il a été établi par des commerçants indépendants dont les marges étaient plus faibles.
Aujourdhui, les loyers variables se situent le plus souvent entre 7 et 10% du chiffre daffaires. Le résultat précédent de 12,50% du chiffre daffaires montre quil existe un potentiel important de revalorisation des prix de marché.
Le "loyer en capital"Sil est proposé à lenseigne un loyer réduit, inférieur à la valeur locative du marché, elle acceptera de payer un droit dentrée ou dacquérir le droit au bail dun locataire déjà en place à un niveau de prix constitué par la capitalisation de la différence entre la valeur locative de marché et le loyer. Cest en quelque sorte un "loyer en capital" qui compense linsuffisance du loyer périodique du bail, celui qui est payé périodiquement au propriétaire.
Décapitaliser le loyer en capital pour retrouver le prix du marchéTout capital peut être décapitalisé. Cest le travail dun établissement bancaire lorsquil consent un prêt.
Le coefficient de décapitalisation est-il pour autant un coefficient financier ?
Lenseigne nacquiert pas uniquement la capitalisation financière dune insuffisance de loyer. Ce qui la détermine à acquérir un droit au bail à un emplacement de qualité, cest la possibilité daccroître le chiffre daffaires, de pratiquer les meilleurs prix et dobtenir un bon taux de marge. Cest aussi la volonté daméliorer son image, son positionnement sur le marché par rapport aux enseignes concurrentes, voire dacquérir des parts de marché.
Réduire toute une action économique et stratégique à un simple taux dintérêt nest pas réaliste. Lutilisation des coefficients financiers, tels que 5,76, 5,99 ou 6,24, obtenus par application sur neuf années dun taux dintérêt de 10, 9 ou 8% ne conduit pas à des résultats satisfaisants en ce sens que les valeurs calculées ne correspondent pas à celles du marché.
Comment calculer ce coefficient composé de nombreux éléments impossibles à quantifier avec une précision acceptable ? Par lobservation des prix de cession et lapplication dun principe intangible : le prix décapitalisé doit correspondre à la valeur locative du marché observée dans les locations nouvelles.
Lanalyse systématique des prix de cession des boutiques montre que ce coefficient varie dans le temps et est lié non à lemplacement mais à la valeur locative du marché.
Là réside toute la difficulté. Il convient en effet pour trouver le prix du marché, de déterminer un coefficient qui est lui-même lié à ce prix de marché. Cela oblige lexpérimentateur à agir par tâtonnements en introduisant successivement dans son calcul, des coefficients différents jusquà ce quil aboutisse à des prix de marché cohérents.
Linformatique permet, par un programme simple, de résoudre la difficulté sous réserve dy introduire limage du marché au moment de la transaction.
Lorsque le calcul conduit à une image floue, cest que le marché a changé. Il ny a plus augmentation mais accélération du prix de marché et des coefficients.
Régulièrement apparaissent des ruptures du marché, la dernière semble sêtre produite au milieu de lannée 1999.
Actuellement, les coefficients de décapitalisation issus du marché parisien sont les suivants :
coefficient |
emplacement |
0 à 3 5 6 7 8 10 |
mauvais catégorie 3 2 : début de lavenue Victor Hugo 1 bis : rue de Passy 1 : rue de Rennes, rue de Rivoli 1 top : Champs Elysées, Haussmann grands-magasins |
Ces coefficients qui permettent de retrouver le marché réel sont ceux qui sappliqueront dans le calcul inverse permettant la détermination du droit au bail.
II - LA VALEUR LOCATIVE EN RENOUVELLEMENT
Lobservation des prix en renouvellement de bail et notamment des fixations judiciaires, fait apparaître un écart très variable et souvent important avec les prix issus du marché :
Ä
insignifiant lorsque la commercialité est très faibleÄ
de 20 à 30% dans les emplacements 2 et 3Ä
de 50% dans les emplacements 1 et 1 bisÄ
de 65% dans les emplacements 1 topÄ
de 75% sur les voies de haute commercialité en province.Ce loyer en renouvellement apparaît dautant plus sous-évalué que lemplacement est bon et inversement. Cette sous évaluation du loyer en renouvellement explique les fortes valeurs de droit au bail payées par les enseignes qui ne manquent par ailleurs pas de sinterroger sur la pérennité de leurs valeurs de droit au bail.
Les correctifs des articles 23-3 et 23-2 du décret du 30 septembre 1953La valeur locative en renouvellement de bail déterminée en retenant les prix du marché et les loyers en renouvellement (article 23-5) mais aussi en prenant en compte les modalités de fixation dorigine du loyer (article 23-3 alinéa 4), peut subir plusieurs correctifs :
- Lorsque les obligations (article 23-3) du bail à renouveler sont différentes de celles des baux comparatifs. La mise à la charge du locataire de limpôt foncier, de lassurance incendie de limmeuble, des grosses réparations, du remboursement des frais de gestion immobilière... est susceptible dentraîner des déductions lorsquon peut les quantifier, des abattements dans le cas contraire. Ces correctifs sont toutefois limités par les charges imposées dans les baux de comparaison. En effet, si ces derniers supportent les mêmes charges que le bail venant à renouvellement, il ne peut y avoir abattement ou déduction
- Selon la destination du bail (article 23-2) : le prix de marché, cest le meilleur prix possible, le plus cher, le loyer pour un bail tous commerces ou presque.
Le loyer en renouvellement doit tenir compte de la destination du bail permettant dexercer un commerce qui nest peut-être plus porteur pour lemplacement ou tout au moins quon ninstallerait plus à un tel emplacement si le loyer devait correspondre au prix du marché.
Cest le cas de très nombreux commerces. Les cafés par exemple ne sinstallent plus dans les beaux emplacements parce que le chiffre daffaires rapporté à leur surface de vente plus réduite que pour dautres commerces en raison de la nécessité dy installer des locaux annexes, ne peut être réalisé dans le même délai que pour dautres commerces.
Il devrait en être tenu compte en vertu de larticle 23-2 du décret. Ce nest pourtant à peu près jamais le cas, peut être en raison de la trop grande décote du loyer en renouvellement par rapport au prix du marché.
*
* *
La volonté dune application plus stricte du décret du 30 septembre 1953 nest pas du domaine de lexpert ni même de lavocat, mais des juridictions.
E-mail : contact@marx.fr Copyright © 1998 - 2008 Michel MARX Expertises Tous droits réservés.