| Michel MARX Expertises 26, avenue de la grande Armée - 75017 Paris Téléphone : 01 45 04 83 92 Télécopie : 01 45 03 18 51 |
![]() |
165,
avenue du Prado - 13008 Marseille Téléphone : 04 91 17 90 55 Télécopie : 04 91 17 90 25 |
| | Accueil |
Michel MARX | Vos interlocuteurs |
L'équipe d'experts |
|
(Gazette du
Palais - 30 juin et 1er juillet 1999)
Le marché
locatif s'est inscrit en forte baisse entre juillet 1991, voire le début de
l'année 1992, et la fin de l'année 1996.
La baisse aura été en moyenne de :
- 30% pour les entrepôts
- 30 à 35% pour les commerces
- 40 à 50% pour les bureaux commerciaux
- 50% pour les locaux d'activité
L'année 1997
a été marquée par une réelle stabilisation des prix, 1998 par un frémissement
et 1999 est l’année du démarrage.
Cependant le
commerce traditionnel qui a bien souvent vu baisser ses chiffres d'affaires de
près de 20% entre 1992 et 1996 avec pour conséquence l'effondrement de ses
marges, sort difficilement de la crise et laisse peu à peu la place aux
enseignes nationales qui accroissent leurs parts de marché dans les
emplacements numéro 1 : la rue de Rivoli, le boulevard Saint Michel, Saint
Germain des Prés, le quartier Haussmann-Grands Magasins, les Champs Elysées,
ainsi que les principales artères des grandes villes.
Les prix
ramenés à la surface pondérée base boutique, c'est à dire pondérée non
seulement par niveau mais aussi par zones d'aire de vente, atteignent dans les
très belles situations 5.000 à 8.000 F/m² pondéré dans les grandes villes,
15.000 à 30.000 F à PARIS avec quelques pointes à 35.000 F/m² sur les Champs
Elysées.
Lorsque les
loyers sont inférieurs, on relève des prix de cession de droit au bail élevés.
Leur décapitalisation à des coefficients compris entre 6 et 9 conduit à des
valeurs du même ordre.
I - LES PRIX DES EMPLACEMENTS NUMÉRO 1
Dans les grandes villes on relève :
AVIGNON :
rue des
Marchands : 4.000 F/m²
rue de la
République : 5.000 F/m²
En 1998, TEXTO (chaussures) s’installait
au 26 rue des Marchands à 4.000 F/m², CELIO payait 3,3 MF un droit au bail au
259 rue de la République et MEPHISTO (chaussures)
1,2 MF au 4
conduisant à des loyers décapitalisés de 4.800 et 5.600 F/m²
BORDEAUX :
cours de
l'Intendance : 6.000 F/m²
rue de la Porte Dijeaux : 7.000 F/m² : C&A : 2.500m²
rue Sainte
Catherine : 8.000 F/m² : BOUCHARA (1.500m²) et VIRGIN
GO WEST s'installait en 1996 31 rue
Sainte Catherine à 7.600 F/m² et GLUBS (bonbons) à 10.000 F/m² au n 27 alors que MORGAN prenait le 47 rue de la
Porte Dijeaux à 7.700 F/m²
CAEN :
rue Saint
Pierre : 6.000 F/m²
AFFLELOU acquérait un pas de porte en
1997 au n 81 à 2,2 MF correspondant à
un loyer décapitalisé de 6.400 F/m²
rue de Bras
: 4.500 F/m² où s'installait JENNYFER en 1998 au n° 9 à 4.700 F/m²
CANNES :
rue
d’Antibes : 10.000 à 13.000 F/m²
CLERMONT
FERRAND :
place de
Jaude : 6.000 F/m²
rue du Onze
Novembre : 3.000 F/m²
DEPECHE MODE
(chaussures) achetait en 1996 le droit au bail du 31 place de Jaude à
3,5 MF conduisant à un loyer décapitalisé de 6.100 F/m²
COMPIEGNE :
place de
l’Hôtel de Ville : 4.000 à 6.000 F/m²
ANTONELLE (chemisier) payait en 1998 un
droit au bail un million de francs et ELIOT (prêt-à-porter) 1,2 MF, soit des
loyers décapitalisés de 4.345 et
6.250 F/m²
DIJON :
rue Stéphane
: 10.000 F/m²
LES TROIS SUISSES y ont pris à bail un
peu moins de 100m² pondérés avec un loyer de 1.100.000 F
rue de la
Liberté : 5.000 F/m²
LILLE :
Centre
Commercial EURALILLE : 3.000 à 4.000 F/m²
: CARREFOUR: 12.000m²
rue de
Béthune : 5.000 F/m² : MARKS & SPENCER : 2.000m²
rue de la
Grande Chaussée :
5.000 F/m²
rue
Neuve : 7.500 F/m²
LYON :
rue de la
République : 5.500 à 8.000 F/m² :
LE PRINTEMPS : 7.500m²
: LA REDOUTE
: 1.600m²
: PRISUNIC :
2.800m²
La LYONNAISE
DE BANQUE a acquis en 1998 un droit au bail au n° 75 à
3,55 MF
place
Bellecour : 4.000 F/m²
rue du
Président Edouard Herriot : 3.500 à 6.500 F/m² où AIGLE (prêt à porter)
achetait en 1997 au n 62 un pas de
porte à 2,5 MF soit un loyer décapitalisé de 4.050 F/m²
MARSEILLE :
rue Saint
Ferréol : 4.000 F/m² : GALERIES LAFAYETTE :
8.000m²
: MARKS & SPENCER :
2.300m²
Un prêt à
porter s’installait en avril 1997 au n° 72 sans droit d’entrée à
4.185 F/m²
rue Paradis
: 4.500 F/m²
bas de La
Canebière : 3.000 F/m² : MONOPRIX : 2.500m²
: C&A : 2.000m²
METZ :
rue aux
Clercs : 5.000 F/m²
Un droit au
bail était cédé au n 26 : 3 MF en
octobre 1997 pour un commerce de décoration et un autre 2,8 MF en juillet 1997
au n 11 par ORCANTA
rue
Serpenoise : 5.000 à 9.000 F/m² : LE
PRINTEMPS : 6.000m²
: C & A : 2.000m²
NICE :
rue Jean
Médecin : 5.000 à 8.500 F/m²
En 1997, MEPHISTO (chaussures) s’y
installait au n° 19 en payant un droit au bail de 2,4 MF, UPSET (prêt à porter)
au n° 31 pour 2,3 MF et SEPHORA au n°
8 moyennant un droit au bail de 20 MF conduisant à des loyers décapitalisés de
respectivement 4.700, 5.500 et 8.900 F/m²
rue de la
Liberté : 5.000 F/m²
MALBORO
(prêt à porter) payait en 1997 un droit au bail 1,35 MF soit
5.000 F/m²
en loyer décapitalisé
rue de
Paradis : 5.000 F/m²
BAILLY
payait en 1998 un droit au bail 4 MF : 5.247 F/m² en loyer décapitalisé
REIMS :
place Drouet
d'Erlon : 4.000 F/m²
rue de
Talleyrand : 3.500 F/m² où un commerce de collants (n 23) achetait en 1995 un droit au bail au prix de 1,15 MF (loyer
décapitalisé : 3.584 F/m²)
Le CREDIT
LYONNAIS s'installait en 1994 21 place d'Erlon à 4.100 F/m² et SUPERCLUB en
1995 au n 52 à 4.150 F/m²
ROUEN :
rue du Gros
Horloge : 6.000 F/m²
ETAM prenait
à bail fin 1998 à 6.353 F/m²
SAINT
GERMAIN EN LAYE :
rue de Paris
: 4.000 F/m²
LEONIDAS
prenait à bail le n°1 sans pas de porte en octobre 1997 à 4.272 F/m²
rue de
Poissy : 4.500 F/m²
RODIER
prenait à bail le n°10 en 1997 à 4.835 F/m²
rue
Collignon : 5.000 F/m²
CYRILLUS
(prêt à porter) s’installait fin 1998 sur cette petite voie piétonne en versant
un droit au bail de 4 MF. Le loyer décapitalisé (4.926 F) rejoignait le prix
précédent
SAINT TROPEZ
:
rue Georges
Clémenceau : 10.000 F/m²
TOD’S
(chaussures) prenait à bail en février 1999 à 11.500 F/m²
STRASBOURG :
place Kléber
: 7.000 à 10.000 F/m²
rue des
Grandes Arcades : 7.000 à 10.000 F/m² où CELIO versait en 1995 un droit au bail
de 14,5 MF pour quelques 500m² pondérés au n° 23, soit un loyer décapitalisé de
6.900 F/m²
TOULOUSE :
rue d'Alsace
Lorraine : 6.000 F/m² : GALERIES
LAFAYETTE : 8.300m²
: LA REDOUTE :
1.350m²
: MARKS & SPENCER : 1.800m²
: MONOPRIX :
2.400m²
rue Saint
Rome : 5.000 F/m² : C&A
rue de la
Pomme : 5.000 F/m²
Le stade TOULOUSAIN s'installait en
mars 1997 46 rue d'Alsace Lorraine en versant un droit au bail de 1 MF et les
vins NICOLAS au 14 bis en mai 1997 pour 1,7 MF, soit un loyer décapitalisé de
3.742 F/m²
SUD
TRANSACTION acceptait 6.000 F/m² en 1998 7 rue du Pont Guilhméry
ESPACE SIA
8.000 F/m² en 1998 3 rue Saint Pantaléon
CHEVIGNON
payait un droit au bail 1,8 MF 13 rue de la Pomme (loyer décapitalisé : 4.237
F/m²)
VERSAILLES :
rue de la
Paroisse : 4.500 F/m²
TOUT COMPTE
FAIT s’y installait début 1998 au n° 54 en payant un droit au bail 1,5 MF
(loyer décapitalisé : 4.481 F/m²).
A Paris les prix s'envolent :
-
le redémarrage de la rue de Rivoli : Après une
baisse des valeurs jusqu'en 1994/1995, on pouvait relever une vive remontée des
prix :
o COURIR
quittait le 120 pour payer en juillet 1996 13,5 MF au n° 51 conduisant à un loyer décapitalisé de
11.000 F/m²
o NATALYS
payait en janvier 1997 4,7 MF au 74 (loyer décapitalisé : 11.000 F/m²)
o MOBILE FOOD
INVESTISSEMENT prenait à bail en juillet 1997 le 146 à 13.000 F/m²
o YVES ROCHER
rachetait en octobre 1997 la brasserie PAOLI très bien située au n° 104 au prix
de 14 MF (loyer décapitalisé : 15.000 F/m²)
o HENNES &
MAURITZ prenait en janvier 1998 le 120 après restructuration de l'immeuble par
une caisse de retraite hollandaise : 16.000 F/m² évidemment sans droit d’entrée
o ETAM vient
de prendre à bail la totalité du magasin numéro 3 de LA SAMARITAINE moyennant
un loyer de quelques 17 MF
-
le boulevard Saint Michel sort de sa léthargie avec l’installation de GAP au
47 qui remplace en ce début d’année CORONER pour 30 MF (loyer décapitalisé :
15.000 F/m²)
-
le quartier Haussmann-Grands Magasins est devenu le premier pôle
commercial européen avec ses huit grandes surfaces :
o LES GALERIES
LAFAYETTE sur 48.500m² ont en leur temps créé la commercialité du secteur
o LE PRINTEMPS
sur 47.500m²
o MARKS &
SPENCER (7.200m²) en face LES GALERIES LAFAYETTE
o MONOPRIX
jouxtant BOUCHARA, sur 3.500m²
o BOUCHARA sur
4.000m² qui se réinstallerait dans le même immeuble après restructuration
o C & A
ouvrait le 5 mars 1997 une grande surface sur 7.400m²
o LE PRINTEMPS
BRUNNEL (6.500m²) et PRISUNIC donnant rue Caumartin
o LA FNAC
ouvrait le 12 juin 1997 place du Havre à l'entrée du nouveau passage du Havre,
galerie sur deux niveaux entièrement reconstruite avec GAP, ZARA, SEPHORA,
NATURE & DECOUVERTES mais aussi TOASTISSIMO (restauration rapide).
S'y ajoutent sur le plan des
transports, les futures mises en service des lignes RER EOLE en 1999 et METEOR
en l'an 2000, l'ouverture d'un parc automobile sous le magasin C&A de
quelques 350 emplacements.
On n'a jamais fait de comptage piétons
boulevard Haussmann simplement parce que personne n'a besoin d'être convaincu.
Les flux sont colossaux, le carrefour Haussmann-Tronchet verrait passer 50.000
personnes par jour. C'est ce qui a amené GAP à acquitter quelques 50 MF pour
acquérir le droit au bail de LA VILLE DU PUY malgré un loyer de 9.000 F/m²
conduisant à un loyer décapitalisé de 25.000 F/m² se situant au niveau des
Champs Elysées.
On peut encore citer l'ancienne
boutique CEDRIC entre C & A et MARKS & SPENCER qui vient d'être louée à
la boulangerie PAUL 16.000 F/m², prix inférieur à la valeur locative parce que
C&A propriétaire recherchait un commerce complémentaire (salon de thé).
-
l’explosion des prix à
Saint Germain des Prés :
Au numéro 149 après renouvellement de son bail à 5.100 F/m², le DRUGSTORE PUBLICIS le cédait à ARMANI à un prix qui n'a pas été dévoilé mais que l'on s'accorde à retenir pour 35 voire 40 millions de francs. Puis ARMANI rachetait la pharmacie en demi sous-sol de 100m² à peine à un peu plus de 23 MF. La décapitalisation des prix de cession conduirait à 16.000 F/m².
HABITAT au 45 rue de Rennes avec un loyer de 9.000 F/m² cédait son droit au bail en février 1997 à ZARA 18 MF. Soit un loyer décapitalisé de 17.000 F/m².
LVMH a pris à bail en janvier 1995 la moitié des locaux d'ARTHUS BERTRAND 6 place Saint Germain à 18.000 F/m², sans pas de porte.
Ces trois
prix marquent une certaine unité de ce marché local.
DIOR rue de l'Abbaye à l'angle de la rue Bonaparte a payé 11 MF pour s'installer sur 180m² en deux niveaux à la place de DIVAN qui rejoignait la rue de la Convention.
DUPONT
boulevard Saint Germain a payé 6 MF pour une surface de 80m².
CARTIER s'est installé place du Québec sur deux niveaux, soit 500m², après versement d'un prix de cession de 15 MF et effectuait 10 MF de travaux.
CAROLL cédait la rue Bonaparte à l'angle de la rue du Four à FINDUCK (prêt à porter italien) pour 10 MF et s'installait sur 220m² (deux niveaux) cour Saint Germain en payant un prix de cession de 25 MF malgré un loyer de 1.800.000 F.
TINTO RETO (chocolaterie) payait en août 1997 4 MF
pour s'installer 53 rue de Rennes et AGATHA (bijouterie) 2,46 MF en août 1998
dans le même immeuble.
-
l’avenue des Champs Elysées, le top de la commercialité :
Sur un linéaire de 2.000m, l'avenue des Champs Elysées comprend 125 commerces auxquels s'ajoutent 149 cellules réparties dans sept galeries côté pair.
Les enseignes nationales dominent avec 68 boutiques : 44 côté pair sur 78 commerces soit 56% et 24 coté impair sur 47 commerces soit 51%.
Les
nouvelles locations et les cessions ont été nombreuses au cours des quatre
dernières années : une trentaine de boutiques ont changé de main soit près du
quart, le côté pair restant un tiers plus cher que le côté impair avec des prix
de marché compris entre 25.000 et 30.000 F/m² et quelques pointes à 35.000 F/m²
principalement dans la partie comprise entre les galeries POINT SHOW (n° 66) et
LES CHAMPS (n° 88).
On relèvera 25.000 F/m² pour ZARA au
n 44, 27.000 F/m² pour DISNEY STORE
(même immeuble), 28.000 F/m² pour SEPHORA au n° 70 en 1995, pour ZARA au 38 en
1998 et 29.000 F/m² pour GAP au 36, mais aussi des prix de cessions très élevés
: 6 MF pour SOLARIS au 92, 7 MF pour CATIMINI au 114, 16,3 MF pour la BRIOCHE
DOREE au 144 (loyer décapitalisé : 36.000 F/m²), 18 MF pour SWATCH au 104, 24
MF pour NAF-NAF au 52, 28 MF pour CELIO au 150 qui a racheté en novembre
1997 le café LEFFE (loyer décapitalisé 28.000 F/m²).
Jusqu'à la
fin de l'année 1995, le côté impair a subi la tendance baissière générale.
C'est ainsi que HAAGEN DAZS a pu prendre à bail le 49-51 à 17.000 F/m² en
janvier 1993, LA DUREE à 13.000 F/m² au n° 75 en octobre 1995 mais en avril
1996 on pouvait relever 18.000 F/m² avec LVMH au 101 à l'angle de l'avenue
George V, le même prix pour la CITY BANK au n
125, 22.000 F/m² en mai 1997 pour TOYOTA au n° 79, 25.000 F/m² en
janvier 1998 pour le PSG au n° 27, 26.000 F/m² en novembre 1998 pour GPS (LES
OPTICIENS ECONOMES).
II - LES
FIXATIONS JUDICIAIRES SUIVENT-ELLES LE MARCHE DANS LES
TRES BELLES SITUATIONS ET CETTE ENVOLEE
DES PRIX DANS LA
CAPITALE ?
Dans les très belles situations, le
prix judiciaire est compris entre 1.000/1.200 F le m² rue Saint Pierre à CAEN,
rue de la Pomme ou rue d'Alsace Lorraine à TOULOUSE, 1.500 F le m² place Drouet
d'Erlon à REIMS ou rue de la République à LYON, 1.800 / 2.000 F le m² rue de la
Mésange ou rue des Grandes Arcades à STRASBOURG. Il ne représente que le quart
tout au plus du prix du marché.
L'avenue des Champs Elysées n'est guère
mieux traitée, entre 8.000 et 13.000 F le m² et encore ce dernier prix appliqué
à YVES ROCHER date de 10 ans (renouvellement 01/04/1989 pour sa boutique du n°
92).
Il parait évident que ce retard
considérable du prix judiciaire favorise et explique les prix de cession élevés
: l'insuffisance du loyer périodique, celui que le locataire paye
périodiquement au propriétaire se transforme en loyer en capital versé le plus
souvent au précédent locataire (droit au bail), exceptionnellement au
propriétaire (pas de porte).
Si l'on admet cette formule, force est
alors d'admettre que l'inverse est vrai : la décapitalisation des prix de
cession permet de retrouver le prix du marché. La vérification peut en être
constamment faite.
Les inconditionnels du prix judiciaire
qui refusent le marché, nous disent que si toutes les boutiques des Champs
Elysées étaient libres en même temps, on ne pourrait relever de tels prix. Mais
c'est une vraie hypothèse d'école, tout comme l'hypothèse de la mise en vente
de tous les appartements de l'avenue Victor Hugo qui ne permettrait pas de
retrouver les prix du marché immobilier actuel. Pour les Champs Elysées, le
quart au moins des 2.000 enseignes nationales et internationales sont prêtes à
prendre à bail immédiatement les quelques 125 boutiques existantes.
A part quelques décisions malheureuses
: 3.300 F le m² pondéré en 1987, 75 rue Saint Denis à 10% au dessus du marché
ou 6.100 F en 1993 pour la quincaillerie du 100 avenue Victor Hugo où l’expert
préconisait 6.500 F et relouée sans pas de porte à PATCHOULI (parfumeur) à
5.600 F le m² pondéré le 1er janvier 1996, le marché judiciaire dans les très belles
situations ne représente le plus souvent que le quart en province et le tiers à
Paris de la réalité économique.
Il est trop tôt pour dire si le marché
judiciaire tiendra compte de l’envolée des prix des emplacements parisiens
numéro 1 mais il a pris un tel retard qu’on peut douter qu’il le fasse un jour.
III - LA FIN
DE L’EXCEPTION FRANCAISE
Dans toutes les villes de FRANCE, il
existe deux ou trois rues parfois plus, de haute commercialité où se pressent
les enseignes nationales et internationales pour transformer le flux de chaland
en chiffre d’affaires.
Les loyers
des commerces y atteignent couramment 5.000 à 8.000 F le m². On retrouve cette
même fourchette de prix dans les rues de haute commercialité de FRANCFORT,
DUBLIN, BARCELONE ou MILAN, en fait de toutes les villes européennes.
Le premier janvier 2002, c’est demain,
la monnaie européenne permettra d’établir des comparaisons entre les loyers des
emplacements numéro 1 des grandes villes européennes.
Les prix
français de 1.000 à 2.000 F le m² ne résisteront pas longtemps devant
l’avalanche de loyers compris entre 5.000 et 8.000 F voire 10.000 F le m², avec
les craquements que l’on imagine.
En quelque sorte l’euro fera le travail
qu’une application molle de l’article 23-5 du décret du 30/09/1953 n’a pas
permis de faire : la prise en compte des prix du voisinage, c’est à dire du
marché judiciaire et des prix réels, de manière à effectuer un lent mais
salutaire rattrapage, étant observé que le loyer en renouvellement ne peut
rejoindre celui du marché, encore moins le dépasser.
*
* *
Peut-être
les missions données aux experts n’ont pas été les bonnes : aux experts de
donner l’état du marché locatif de chaque compartiment immobilier et la valeur
locative réelle des lieux loués, aux magistrats d’appliquer l’article 23-5 en
fixant un loyer intermédiaire entre les décisions anciennes et le marché.
E-mail : marx@marx.fr Copyright © 1998 - 2008 Michel MARX Expertises Tous droits réservés.